02 Janvier 2013 - 15h36 • 3702 vues

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La route des trois caps se termine par le Horn. La flotte du Vendée Globe laisse alors les mers du Sud derrière elle, c’est pourquoi le passage de celui que l’on surnomme le « cap Dur » est vécu comme une délivrance. Mais il serait dangereux de se croire déjà arrivé car la route jusqu’aux Sables d’Olonne est encore longue.

« Ça y est, le plus dur est fait ! » Voilà ce que se disent les marins du Vendée Globe au moment de franchir le cap Horn et d’entamer la remontée de l’Atlantique vers les Sables d’Olonne. Le cap Horn, pointe sud du continent sud-américain, marque le début de la fin de la route par les trois caps, ce qui signifie que les navigateurs quittent les mers du Sud. Une délivrance pour certains, comme Jean-Pierre Dick avec qui l’océan austral n’a pas été des plus cléments : « J’ai hâte de sortir des mers du Sud, ça a été un peu compliqué pour moi, je n’ai pas eu beaucoup de réussite, pas mal de frustration. J’ai envie d’exploiter pleinement le potentiel de mon bateau dans l’Atlantique. » Même Dominique Wavre, grand amoureux du Sud, le vit comme un soulagement. « C’est à ce moment-là que le nœud que tu as dans les tripes dans les Quarantièmes se dénoue un peu, expliquait le skipper suisse de Mirabaud avant le départ de la course. Le plus dur est fait, même si c’est un peu une fausse impression, car le bateau est fatigué, et il faut l’amener au bout. »

Mais avant d’être la fin de la partie la plus délicate du parcours, le cap Horn est un point de passage mythique et symbolique du Vendée Globe. Lors de la dernière édition, c’est dans cette partie du parcours que Vincent Riou était venu au secours de Jean Le Cam dont le bateau avait chaviré. Lors du Vendée Globe 1996-1997, Gerry Roufs avait quant à lui disparu en mer à l’approche du cap. L’épave de son monocoque avait été retrouvée quelques mois plus tard, sur les côtes chiliennes. Cette année, l’histoire retiendra un fait plus heureux : le très faible écart (seulement 1h15min) entre les deux skippers de tête, François Gabart et Armel Le Cléac’h, au moment de franchir le Horn.

 

Le « cap Dur », un surnom non usurpé

 

Si le cap Horn est le plus mythique des trois caps, c’est tout d’abord parce que c’est celui dont la flotte passe le plus près. Mais il est surtout réputé pour sa difficulté. « Le cap Horn, c’est un cimetière à bateaux, je crois qu’il y a plus de 10 000 âmes qui y reposent, confiait Alessandro Di Benedetto, qui l’a déjà franchi une fois à bord de son voilier de 6,50 mètres. C’est un cap mythique, et dur aussi, parce qu’on y arrive après un tour du monde. Le skipper est fatigué et le bateau aussi. C’est ça qui fait le danger du cap Horn, en plus de la remontée des eaux, le vent, qui est statistiquement l’un des plus violents de la planète, les vagues très hautes, etc. »

Le cap Horn n’a pas volé son surnom de « cap Dur ». Les dépressions qui descendent le long du Chili, bloquées par la cordillère des Andes, s’engouffrent dans le passage de Drake (entre la Terre de Feu et la péninsule Antarctique) et peuvent être très violentes. Être « cap-hornier », c’est en quelque sorte être sorti de l’enfer. Et, selon la tradition, cela donne le droit d’uriner au vent et de décorer son oreille gauche d’un anneau, pour aiguiser la vue...

 

Grégoire Duhourcau

 

En Janvier 2009, Roland Jourdain dit Bilou, franchissait le cap mythique pendant son Vendée Globe.


Passage du Cap Horn par Bilou par Canyousea