02 Janvier 2013 - 18h44 • 3146 vues

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L’info du jour est incontestablement la disqualification de Bernard Stamm, qui a demandé la réouverture de son dossier. Joint au live ce midi, le Suisse a annoncé qu’il finirait son tour du monde quoiqu’il arrive, quitte à être classé « hors course ». Dans l’histoire du Vendée Globe, ils sont huit au total à avoir rallié les sables d’Olonne sans figurer au classement final. Décryptage et retour sur ces « vendéeglobistes » hors du commun.

Le Vendée Globe est une course autour du monde, sans escale ni assistance, mais les participants n’ont parfois d’autre choix que de transgresser l’une de ces règles. Une avarie ou un risque majeur pour le bateau et son skipper peuvent en effet les contraindre à faire escale dans un port, ou encore à recevoir une aide extérieure. Ces deux cas de figure étant interdits par le règlement, ils entraîneraient une disqualification immédiate.

Mais il en faut davantage pour arrêter des marins qui rêvent de boucler un tour du monde qu’ils préparent depuis plusieurs années. Après leur abandon ou disqualification, s’ils sont en mesure de repartir, rien ne les empêche alors de poursuivre leur chemin et de rejoindre les Sables d’Olonne, port de départ et d’arrivée de la course. Une section spéciale leur est ainsi réservée dans le classement à chaque fin d’édition, celle de ces skippers qui ont terminé leur Vendée Globe « hors course ».

Ce fut le cas notamment de Raphaël Dinelli, qui lors de l’édition 2000-2001 décida de terminer sa course malgré une escale en Afrique du Sud après un choc avec une baleine. Quatre ans plus tôt, dès le départ cette fois-ci, l’Arcachonnais savait qu’il ne serait pas classé à l’arrivée. Qualifié trop tard, c’est en « pirate » qu’il prit le départ avec les autres participants. Miraculé après un chavirage au Sud-Ouest de l’Australie, il ne put cependant boucler son aventure.

Au cours de vingt ans de Vendée Globe, ils sont finalement huit à avoir franchi la ligne d’arrivée en héros malheureux :

 

1989-1990
Patrice Carpentier (FRA, Le Nouvel Observateur) : avarie de pilote automatique (Malouines)
Mike Plant (USA, Duracell) : reçoit assistance à l’île Campbell (Nouvelle-Zélande)

1992-1993
Bernard Gallay (SUI, Vuarnet Watches) : double escale pour problèmes de pilote et de structure de gréement

1996-1997
Isabelle Autissier (FRA, PRB): safran cassé (Le Cap)
Yves Parlier (FRA, Aquitaine Innovations) : safran cassé (Perth)

2000-2001
Catherine Chabaud (FRA, Whirlpool) : démâtage
Thierry Dubois (FRA, Solidaires) : problèmes électroniques
Raphaël Dinelli (FRA, Sogal Extenso) : avarie de safran

 

Ces huit marins n’ont pas été pour autant moins acclamés lors de leur retour à Port Olona, le public étant toujours au rendez-vous pour saluer leur courage et leur persévérance. Et comme si bien dit par Bernard Chénez dans l’un de ses dessins pour L’Equipe, la réponse à la question « Qu’est-ce qu’un concurrent « hors course » ? », est on ne peut plus simple : un marin.

 

Aurélia Mouraud avec G.D