20 septembre 2016 - 15h:26 • 3644 vues

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A moins de 50 jours du départ du Vendée Globe, Eric Bellion ne roule pas des mécaniques et aborde le tour du monde avec autant de sérieux que d’humilité. Parmi les 29 skippers engagés, son projet ne ressemble à aucun autre et se distingue parce qu’il n’a rien à vendre… juste promouvoir la « différence » ! Dans toute sa vie, Eric n’a jamais passé plus de huit jours seul en mer mais à 60 jours du départ, il irradie de sérénité, sachant parfaitement comment mettre à profit chaque minute des deux mois à venir. C’est peut-être cette maîtrise qui prouve avec le plus de pertinence la portée de son message.

« Il n’y a pas de commerce dans mon histoire » résume le skipper de COMMEUNSEULHOMME qui est en effet le bateau de « la différence », financé par 14 mécènes qui croient, comme Eric, que les entreprises ont tout à gagner à faire entrer la différence dans leurs murs. « C’est un cri de ralliement pour une société plus humaine et plus épanouie car je sais que ça marche ». Ce discours habite le marin de 40 ans, originaire de Versailles, qui a découvert la mer à travers les livres avant d’embarquer sur les bateaux des copains.

© David Pellet / COMMEUNSEULHOMMEAu delà des mécènes, la personnalité d’Eric - entière, parfois complexe- séduit tous azimuts. Il y a Michel Desjoyeaux qui œuvre en discrétion mais également Isabelle Autissier, proche depuis une rencontre en Patagonie, l’écrivain Gérard Janichon (Auteur de Damien Autour du Monde) ou encore Patricia Ricard et Gonzague de Blignières. Ceux-là sont ses cinq mentors et s’ils ont leur rond de serviette à bord, c’est parce qu’ils mettent la main à la pâte et non parce qu’ils ont un nom connu.

L’histoire d’Eric a débutée en 2003 avec Kifouine, un petit rafiot de 8,60 mené par une bande de copains partis pour un tour du monde. L’équipage carbure à la bonne humeur, du Cap Horn à la Polynésie. Comme un tel plaisir se partage, Kifouine embarque à chaque escale des jeunes handicapés pour leur faire découvrir la navigation à la voile. Il sort de ces 40 000 milles, un bouquin, un film mais surtout une tonne de sourires et l’envie d’aller plus loin encore.

Ni Père Jaouen, ni Abbé Pierre
« La case skipper au grand cœur ne m’intéresse pas. Je n’ai pas la vocation d’être le Père Jaouen ou l’abbé Pierre » explique Eric qui assène que cette recherche de performance par l’intégration des différences fonctionne, qu’elle n’a rien d’un mantra pétri de bonnes intentions. Le chemin parcouru depuis les premiers bords de Kifouine et jusqu’à aujourd’hui le prouve. Eric est aujourd’hui devenu un « professionnel de l’aventure ». Il n’a pas de réelle ambition sportive sur ce Vendée mais être au départ, dans de telles conditions montre que le pari est tenu. Il est à la barre de l’ancien DCNS de Marc Thiercelin, mis à l’eau en 2008 et qui a servi au tournage du film « En Solitaire » avec François Cluzet. Ce décor de cinéma est depuis redevenu une machine de course grâce à la complicité de Michel Desjoyeaux et de son écurie, Mer Agitée.

 

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