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Team Charal : "s'il te plait, dessine-moi un bateau".

Equipe Charal

Serein Jérémie Beyou… Jamais le skipper de Charal n’a disposé d’autant de moyens et de temps pour faire aboutir son projet en vue du prochain Vendée Globe. Alors que Jérémie complète sa palette de navigateur sur la Volvo Ocean race, son équipe planche déjà depuis plusieurs mois sur la conception du nouvel IMOCA qui ouvrira une page inédite dans l’histoire de la course. Entre les évolutions de la jauge et les enseignements du Vendée Globe 2016, la donne a changé.

« Avant le Vendée Globe 2016, tout le monde était dans l’incertitude. On sentait bien que les foils étaient en mesure d’apporter une dimension supplémentaire, mais faute de retour d’expérience, personne n’osait aller au bout de la démarche. Aujourd’hui, c’est différent. On sait que le prochain vainqueur du Vendée Globe sera équipé de foils. On a donc construit notre projet autour de ce postulat. »

Jérémie Beyou ne part pas dans l’inconnu pour autant. L’expérience du dernier Vendée Globe où il s’est classé troisième se révèle décisive : « On a analysé avec l’équipe ce qui avait bien fonctionné et là où on avait pu pêcher. On s’est aussi intéressé à la manière dont des équipes comme Banque Populaire ou Hugo Boss s’étaient préparées. On est vite arrivé à la conclusion qu’il fallait naviguer le plus tôt possible. Certains diront que l’on prend le risque d’essuyer les plâtres : je pars plutôt du principe que nous aurons le temps de faire les correctifs nécessaires si besoin… »

D’autant que Jérémie Beyou ne part pas dans l’inconnu puisque c’est grosso modo l’équipe de 2016 qui repart sur ce nouveau projet. Dans la même logique, Jérémie a décidé de faire confiance au cabinet d’architectes VPLP : « On se connaît bien, puisque nous avions travaillé ensemble sur les appendices de Maître CoQ quand nous avions pris la décision de passer aux foils. »

 

Une jauge plus ouverte

 Si quatre ans plus tôt, il subsistait encore des incertitudes sur l’apport des foils, les doutes sont aujourd’hui levés. Et ce d’autant plus que la jauge IMOCA a évolué autorisant une plus grande latitude dans leur utilisation. Pierre-François Dargnies, directeur technique, nous livre quelques clés : « En 2016, les foils étaient considérés comme une option. Toutes les grandes équipes avaient planché sur des projets qui prenaient en compte cette dimension, avec l’idée de pouvoir éventuellement revenir en arrière. Là, nous sommes dans une démarche radicalement différente. On a intégré le foil comme un élément central : à partir de là, on a commencé à réfléchir sur la carène, les éléments de structure du bateau, les aménagements et l’ergonomie. L’idée est bien que les foils soient totalement intégrés dans la conception du bateau. De plus, l’expérience du Vendée Globe précédent nous a permis de définir un cadre. On avait plein d’idées : au final, cela donne un cahier des charges d’une bonne dizaine de pages pour VPLP. »

Difficile d’en savoir plus à ce stade de la construction. « On a pris le risque de se lancer très tôt dans l’aventure. On va donc essayer de garder un temps d’avance en cachant nos petits secrets… » D’autant que l’ouverture de la jauge, qui permet aujourd’hui de modifier l’incidence des foils, demande effectivement de repenser complètement l’organisation des puits de foils et des systèmes de réglages.

 

Un partenaire en phase

Encore faut-il, pour être admis dans la cour des grands, bénéficier d’un partenaire qui cautionne la démarche. Stéphanie Bérard-Gest, directrice marketing de Charal, avoue avoir été d’emblée séduite par la proposition de Jérémie Beyou.

« Deux éléments ont été déterminants pour partir sur cette aventure. Tout d’abord, ce fut la rencontre avec Jérémie. Sa détermination et sa simplicité conjuguées ont emporté immédiatement notre adhésion. Le caractère innovant de sa démarche a été le deuxième facteur déclenchant, car c’est clairement un créneau sur lequel nous voulons communiquer. Aujourd’hui, notre objectif n’est pas tant de gagner de la notoriété, mais plutôt de fédérer en interne et de contribuer à donner une image moderne de l’entreprise. En ce sens, le projet collait parfaitement. »

Si les délais sont respectés, Charal devrait donc être mis à l’eau au début de l’été 2018. Avec comme première échéance d’importance, la Route du Rhum au mois de novembre. L’équipe technique, composée actuellement de huit personnes, devrait continuer à monter en puissance pour atteindre l’équivalent de dix temps plein au mois d’août prochain, à l’heure des premières conclusions. « J’aime cette idée qu’on va mettre à l’eau en avance », conclut Pierre-François Dargnies. « On a beau avoir dix-huit mois d’études et de travaux derrière nous, on sait que rien n’est figé. C’est aussi ce qui rend ce projet aussi excitant. »

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