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Charal : le taureau déploie ses ailes

Sortie de chantier Charal
© Yvan Zedda /Alea/Charal


Charal, premier IMOCA de nouvelle génération, se caractérise par des lignes beaucoup plus tendues, des entrées d’eau très fines et des foils porteurs beaucoup plus volumineux. La conception du bateau est l’œuvre du cabinet d’architectes VPLP. La décoration est signée Nicolas Gilles. Après avoir été mis à l’eau, le monocoque a été gruté pour recevoir sa quille et partir jeudi 22 août au moteur à destination de Lorient où il sera mâté. C’est aussi à Lorient que seront faits les tests de stabilité avant d’entamer les premiers essais en mer à partir du 29 août. Interview d’un skipper heureux…

 

Jérémie, on vous sent ému de voir le bateau sorti du chantier…

« Oui bien sûr. Tout à l’heure quand on a cessé de travailler sur le bateau (même si dans la pratique, on ne s’arrête jamais vraiment) et que les gens du marketing de chez Charal ont découvert le monocoque enfin fini, j’ai pu voir dans leurs yeux ce que ça représentait. C’est un oiseau fabuleux et je voudrais que ce jour soit celui de ceux qui l’ont construit, des architectes à mon équipe technique, sans oublier les gens de chez CDK. C’est un collectif qui a œuvré pour que ça soit bien fait, dans les temps, tout en gardant un état d’esprit exceptionnel. Pour certains, comme les équipes de CDK, l’aventure s’arrête là, mais je n’oublie pas que c’est aussi leur bateau. »

 

Le bateau tranche avec ce qu’on a connu jusque-là…

« Oui, même si on sent malgré tout l’inspiration d’Hugo Boss, le bateau d’Alex Thomson, notamment sur le choix des couleurs. Mais le dessin de carène est beaucoup plus extrême, de même que la taille et la forme des foils. On a aussi beaucoup travaillé sur le plan de pont, l’accastillage, le plan de voilure. C’est vraiment beaucoup de développement : il y a tout ce qui est visible à l’œil nu, mais je peux vous assurer qu’on a essayé de ne négliger aucun point de détail. On a un peu de temps pour tester tout ça avant la Route du Rhum… »

 

Du coup, Charal va être très attendu à la Route du Rhum Destination Guadeloupe ?

« Mais c’est tout le mal que je nous souhaite ! Si on est attendu au Rhum, cela voudra dire qu’on a pu tirer sur le bateau, le tester véritablement. Être attendu au Rhum, c’est déjà un objectif. C’était notre choix de mettre rapidement le bateau à l’eau pour pouvoir naviguer le plus tôt possible. Pour emmagasiner des données fiables, il faut faire des courses, comparer ses performances aux autres. Là, on est dans l’état A, l’objectif c’est d’être à Z au départ du Vendée Globe. »

 

C’est aussi un choix délibéré d’être le premier à l’eau pour pouvoir faire du développement, quitte à payer les pots cassés ?

« Pour moi, il n’y a pas de miracle. Tu as du temps pour faire du développement si tu as des données fiables. Et le meilleur moyen d’acquérir ces données, c’est de s'aligner au départ des courses. »

 

Ce bateau, c’est le fruit d’un compromis avec les architectes ou bien vous les avez laissés s’exprimer comme ils voulaient ?

« Dans l’ensemble, je pars du principe de leur faire confiance. Après, tout se discute. On aurait pu être encore un peu plus radical sur la carène et sur le choix des foils, mais il faut aussi se fixer des limites. On verra à l’usage. Je sais que je voulais un bateau qui pouvait décoller rapidement…. Maintenant, le client suivant chez VPLP (l’architecte du bateau), c’est Alex (Thomson). Connaissant le bonhomme, je ne le vois pas faire moins extrême que nous. En tous cas, j’estime qu’on s’est déjà pas mal engagé dans nos choix, ce sont les résultats qui révéleront la vérité. »

 

Premières sorties prévues pour quand ?

« Si tout se passe bien, le 29 août. On a quelques tests de stabilité à faire à Lorient, notamment le test à 90°. Je préfère avoir bouclé les tests de jauge avant les premières sorties. »

 

Le dernier Vendée Globe a montré à quel point les foilers étaient inconfortables. Avez-vous pu travailler sur l’ergonomie du bateau ?

« (Rires) Honnêtement, on aurait bien voulu. On a eu plein de bonnes idées, de bonnes intentions au début, mais on est vite rattrapé par des problèmes de structures et des devis de poids. Donc, le confort, on va l’oublier. Ce qu’on a soigné, c’est l’ergonomie du cockpit, faire en sorte que je puisse être au sec dehors, soigner la position sur le banc de veille. A l’intérieur, la seule modification, c’est que j’ai réhabilité le rôle de la bannette en m’en faisant faire une sur mesure : j’ai découvert sur la Volvo Ocean Race qu’on dort nettement mieux sur une bannette que sur un pouf à billes. Comme quoi, ça sert d’aller naviguer sur d’autres supports… »

 

 

 

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