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Clément Giraud : cette aventure me fait grandir

Clément Giraud
© Hortense Hébrard

Après expertise du bateau, il s’est vite avéré que les réparations seraient conséquentes. Au vu de la situation, Fortil, le partenaire de Clément Giraud a finalement décidé de ne pas poursuivre l’aventure. Pour le navigateur varois, c’est forcément un coup dur, mais il n’est pas homme à baisser les bras. Interview…

 

Vendée Globe : Clément, peut-on refaire une chronologie rapide de ce qu’il vous est arrivé ?

Clément Giraud : Suite à l‘incendie de mon bateau à quai juste avant le départ de la Transat Jacques Vabre, on a essayé de faire un état des lieux. Les travaux à engager sont très importants et ce, d’autant plus qu’on ne sait pas bien jusqu’où il faudra aller. À la différence d’une collision où les zones à réparer sont relativement facilement identifiables, dans le cas d’un incendie, c’est très compliqué de savoir quels éléments de la structure ont été impliqués.

Face à cette incertitude, mon partenaire a préféré se désengager.

VG : C’est forcément une prise de décision qui fait mal…

CG : Ce type de décision n’est jamais agréable à entendre, comme à prendre. Mais je peux la concevoir. J’ai des partenaires qui ont des impératifs de gestion et qui ne peuvent pas forcément s’embarquer dans l’aventure de la reconstruction avec toutes les incertitudes qu’elle comporte.

VG : Du coup, quelles sont vos perspectives à court et moyen termes ?

CG : Compte tenu de la situation, il est désormais inenvisageable de repartir sur ce bateau. Ce qui bloque ma course aux milles, puisque le règlement du Vendée Globe spécifie que l’on doit courir sur le bateau avec lequel on s’est inscrit au 1er novembre 2019. Donc, en théorie, je ne suis plus qualifiable pour le Vendée Globe 2020. Mais je ne suis pas de nature à baisser les bras…

VG : Quelles sont les pistes à explorer ?

CG : Je dispose encore de plusieurs partenaires techniques qui sont d’accord pour continuer à me suivre. Mon idée, c’est de louer un IMOCA qui soit à la jauge et de participer aux deux grandes épreuves de l’avant-saison 2020, à savoir The Transat CIC et la New York – Vendée. Après, je me dis que tout est encore possible. Si je passe ce cap, je compte bien me tourner vers l’IMOCA et la SAEM Vendée pour obtenir le droit de partir. Cela suppose qu’il y ait moins de 34 concurrents au départ, puisqu’il est hors de question de quémander la place de quelqu’un qui aura suivi son parcours de sélection jusqu’au bout. Mon accident est vraiment un cas à part : j’espère que la direction de course et l’organisation considèreront mon cas avec une certaine bienveillance.

VG : Cela fait malgré tout beaucoup de si…

CG :  Je sais bien. Mais, c’est de toute façon une manière de préparer l’avenir. Si mon projet n’aboutit pas en 2020, j’aurais déjà semé quelques petits cailloux pour la suite. Il y a une dynamique qui s’est créée autour de mon projet : plus de 400 jeunes sont venus naviguer à bord, des entreprises locales commencent à s’intéresser à la voile. On est en train de démontrer qu’un projet de course au large ambitieux peut avoir toute sa place dans le Sud-Est de la France. Ça mérite que l’on mouille sa chemise…

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