28 Janvier 2021 - 06h01 • 18466 vues

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En pleine nuit, Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) a coupé la ligne d’arrivée. Dans le chenal, le vainqueur du Vendée Globe s’est confié une première fois.

« J’ai l’impression de vivre un rêve, d'halluciner. On passe de la solitude totale à ça, à cette fête, à ces lumières, ces gens qui sont là malgré le contexte compliqué, je ne réalise pas ce qu'il se passe. Je suis encore dans ma course. C'est un rêve d'enfant. 

Le nord du golfe de Gascogne, c’était l’option qui convenait le mieux à mon bateau et aux voiles qu’il me restait. Il fallait que j’aille chercher les deux fronts dépressionnaires.

Ce n’était pas bon d’être le premier dans ce Vendée Globe. Je me suis fait reprendre, j’ai repris aussi à Charlie (Dalin) les heures suffisantes, avec le temps de compensation, ça a été une régate à l’échelle planétaire.

J’y ai toujours cru, mais à quelle place ? J’ai cru gagner au cap Horn, puis j’ai cru que si je terminais 25e, ce serait déjà bien. On a beaucoup préparé ce Vendée Globe, je savais que j’avais un bateau fiable et j’ai pu tirer dessus.

Les conditions météo ont fait que ce n’est jamais parti par devant, ça s’est toujours regroupé, ça a souvent été serré. C’est historique.

On doit aller chercher des ressources bien profondes au fond de soi. Ces bateaux sont stressants, bruyants, la vie à bord est difficile. Il y a la solitude aussi, parfois…

Ce résultat est au-delà de mes attentes. J’imaginais vivre plein de choses, j’en ai vécu plein d’autres. Après avoir galéré comme on a galéré, apporter une victoire à Maître CoQ, c’est un rêve ! »