28 Janvier 2021 - 12h16 • 24361 vues

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Ce jeudi 28 janvier à 12 h 18 min 20 sec (heure française), Damien Seguin (Groupe APICIL) a coupé la ligne d’arrivée après 80 jours, 21 heures, 58 minutes et 20 secondes de course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, 18 heures, 13 minutes et 34 secondes après Yannick Bestaven, crédité d’un temps de course modifié après l’application des compensations accordées par le jury de course suite aux opérations de sauvetage de Kevin. Le skipper de Groupe APICIL s’est emparé provisoirement de la 6e place, en attendant le passage sur la ligne de Jean le Cam (16h15 de compensation). Il est le premier du classement officieux des bateaux à dérives droites.
 

LES DONNÉES ESSENTIELLES

Jour heure d'arrivée : le jeudi 28/01/2021 à 12h 18min 20 sec
Temps de retard sur le vainqueur (Yannick Bestaven) : 18h 13min 34sec
Moyenne
 : 12,55 nœuds 

LE CONTEXTE

Arrivée pluvieuse, arrivée heureuse ! Porté par un vent de sud-ouest de 22 nœuds et chargé de pluie, Damien Seguin a posé son Groupe APICIL sur la ligne d’arrivée ce jeudi 28 novembre à 12h18. Il est le 6e à couper la ligne d’arrivée. Le temps que réalisera Jean le Cam, encore en course au moment où Damien Seguin coupait la ligne, décidera de sa place définitive, Jean le Cam bénéficiant en effet d’une compensation de 16h15 après sa participation décisive au sauvetage de Kevin Escoffier le 1er décembre dernier.      

SON VENDÉE GLOBE EN BREF

Époustouflant Damien Seguin, qui ne cesse de pousser des portes. Le double champion paralympique de 2.4mR (2004, 2016), vainqueur du Tour Voile 2016, a réalisé un remarquable Vendée Globe. Premier à achever son tour du monde en IMOCA à dérives droites, il fait partie de ceux qui ont parcouru le moins de route réelle. 13e au pire au classement, jamais décalé de la tête de course d’un système météo, il a également mené ce Vendée Globe durant quelques heures en début de course. Carton plein !

SON PARCOURS

D’un champion olympique ou paralympique, on sait qu’on peut envisager une capacité à prendre des départs et à négocier les arrivées avec science. Si le premier bord de ce Vendée Globe fut favorable aux foilers plutôt qu’à Groupe APICIL et ses dérives droites, la plongée vers le cap Finisterre a permis au double champion paralympique de pousser son IMOCA de 2008 en tête de la course lors de deux séquences quasi consécutives, du 9 novembre 12h00 au 10 novembre à 05h00, puis à nouveau le 10 novembre, entre 12h00 et 15h00.

Sur l’ancien DCNS et Comme un Seul Homme, le bateau avec lequel Eric Bellion a terminé 9e et premier bizuth du Vendée Globe, Damien Seguin a su conjuguer sa double culture olympique et de régatier, pour signer une course majuscule d’un bout à l’autre. Le 19 novembre, Groupe APICIL passe l’équateur pour la première fois en 12e position, 23h37 après le leader. Le 25 novembre, le skipper se fait une frayeur : en coupant un bout avec son couteau multitâche, il se plante la lame dans le bras. Une entaille profonde de deux centimètres qu’il faut soigner avec application.

Pas épargné par les soucis techniques 

Cela ne freine pas le tandem, qui reste accroché aux basques des leaders. 7e au passage du cap de Bonne-Espérance, Damien Seguin s’offre même, par une route plus au Sud, le plaisir de prendre la 4e place dans l’océan Indien. 5e au cap Leeuwin, 6e au cap Horn, le skipper handisport rayonne dans ces schémas météo qui permettent aux IMOCA à dérives droites de se mêler sans relâche aux foilers.

S’ils font partie des impondérables à gérer au cours d’un tour du monde en solitaire, les soucis techniques n’épargnent pas le natif de Briançon. Mais plus que ses problèmes de pilote automatique, ce sont ses voiles d’avant qui le handicapent. On ne l’apprendra que bien plus tard, mais depuis l’entrée dans le Pacifique, il est privé de ses voiles de portant VMG, les plus creuses (grand gennaker, frac ou spi selon ce qu’il a emporté). Un problème ? Pas d’problème : le Haut-Alpin, qui a grandi en Guadeloupe, tient la dragée haute au Transalpin, Giancarlo Pedote. Un match qui stimulera Damien Seguin jusqu’au franchissement de la ligne d’arrivée, en plus de celui qui l’aura opposé, à distance, à Jean le Cam.

6e de ce Vendée Globe, Damien Seguin fait définitivement partie des grandes révélations de ce Vendée Globe. Il n’est plus question de savoir si un sportif handicapé peut courir le Vendée Globe… mais s’il peut un jour le gagner. Un défi à venir ?

Par la rédac du Vendée Globe / F.P

 

LES STATISTIQUES DE GROUPE APICIL 
Distance réellement parcourue : 27 512,27 nm à 14,17 nœuds de moyenne 

Les grands passages
Equateur (aller)
12e, le 19/11/202 à 12h56 UTC (13h56 HF) à 23h 37min après le leader 

Cap de Bonne-Espérance
7e, le 02/12/2020 à 05h34 UTC (06h34 HF) à 1j 06h 23min après le leader

Cap Leeuwin

5e, le 14/12/2020 5 à 01h50 TU (02h50 FR) à 14h 24min après le leader

Cap Horn

4e, le 04/01/2021 à 02h40 UTC après 56j 13h 20min de course, 1j 12h 58min derrière le leader 


Equateur (retour)

6e, le 17/01/2021 à 05h47 TU en 69j 16h 27', soit 10h 35' après le leader.


LE BATEAU
Groupe APICIL
Architectes : Finot-Conq
Construction : Multiplast

Mise à l’eau : 31/05/2008
Dérives droites