01 Janvier 2013 - 17h30 • 3806 vues

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Le cap Horn, c’est une île, un rocher mythique qui surplombe les furieuses tempêtes qu’occasionne la guerre des titans Pacifique et Antarctique. Visite de ce joyau des terres chiliennes, à la légende éternelle mais à la topographie méconnue.

55°58′ 47″ Sud, 67°17′21″ Ouest. Point de rencontre des océans Pacifique, Atlantique et Antarctique, le cap Horn est considéré comme le point le plus au sud des terres rattachées à l’Amérique du Sud. Témoin d’une mer violente animée de nombreux courants créant des vagues scélérates et parfois ponctuée d’icebergs, il culmine à 425 mètres et veille sur les eaux les plus redoutées du globe. Le cap en tant que tel est la falaise venant terminer - abruptement - la petite île Horn (6km de long pour 2 de large), située à l’extrémité du petit archipel des îles Hermite, au sud de l’archipel chilien de la Terre de Feu.

Terres des eaux territoriales du Chili, l’île et le cap Horn n’abritent comme habitation qu’une station de la marine locale, qui comprend une résidence, un bâtiment technique, une chapelle et un phare. Les seuls résidents permanents sont donc le gardien du phare et sa famille, libérant le reste de la zone à une faune très riche et à une végétation à ras de terre mais épaisse. S’il ne comporte pas le moindre arbre, le cap est en effet recouvert d’une importante végétation grâce aux fréquentes précipitations. Seul autre trace humaine : la sculpture représentant la silhouette d’un albatros, mémorial en l’honneur des marins disparus dans ces eaux terrifiantes.

Entonnoir à vents

Le cap Horn est en effet l’un des passages maritimes les plus dangereux au monde, en raison de plusieurs facteurs : situé près de l’océan Antarctique, il pâtit d’abord des conditions difficiles de ces mers du Sud. Sa latitude extrême le place en effet au beau milieu des Cinquantième rugissants, réputés pour leurs vents violents et leurs vagues gigantesques. Ces mêmes vents sont ensuite accentués par l’effet entonnoir créé par les Andes et la péninsule Antarctique, les obligeant à s’engouffrer dans le passage étroit de Drake. Les vagues en sont donc également affectées et, freinées par aucune terre, peuvent donner naissance aux redoutées vagues scélérates qui, parfois, atteignent 30 mètres de haut…

Les marins du Vendée Globe auront toutefois l’avantage de passer le cap durant l’été austral, saison où les vents de plus de 35 nœuds ne soufflent « que » 5% du temps (contre 30% en hiver) et où la visibilité reste relativement bonne. Gare toutefois aux icebergs annoncés, et souhaitons que l’albatros géant veille sur eux du haut de sa vigie et les accompagne pour ce passage, pas encore ultime mais néanmoins clé.

Aurélia MOURAUD


Cap Horn par carnetsdesroutards